Exil

(section des poèmes nouveaux)

 

Quand il faudra partir au matin sur la grève,

J'observerai de loin la journée qui s'achève.

Avant de préparer la maison que j'emmène,

Pour mieux abandonner la misère qui traîne,

Je prierai les esprits de tous mes vieux ancêtres

De me donner bonheur, de m'ouvrir la fenêtre.

Je passerai sans heurt et j'aurai liberté

De vivre sans le bruit des munitions tirées,

Des maisons qui s'écroulent à coups de missiles,

De gens tous suppliant : je trouverai asile.

Un jour, mon bel enfant, la paix vaincra partout,

Voilà, en attendant, il nous faut fuir les coups.

Je voudrais que tu voies un monde calme et doux

Pour t'entourer toujours, au lieu de tous ces loups.

Pour cela, nous marchons et marcherons encore

Laissant derrière nous tous ces fous de la mort.

 

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