Après avoir observé fixement, stupéfait, la rutilante nouveauté qui lui bloque l'accès à sa propre maison, Michel hésite, tourmenté entre l'idée de faire céder la porte, celle de dormir dans la voiture en attendant le petit matin, celle aussi d'appeler à l'aide, quitte à réveiller tous les voisins, ou encore réveiller les éventuels habitants illégaux de sa maison. Oui mais, fait remarquer Christine, si jamais ces gens sont plus forts, plus violents, voire armés, alors la famille ne peut pas faire prendre un tel risque aux enfants.

  Dans la tête d'Alexia, des images se bousculent jusqu'à lui donner le vertige : violences, bagarres, coups de feu, cadavres... elle panique. Elle désire que la responsabilité de la situation se déporte sur d'autres gens, des gens d'autorité, capables d'encaisser les émotions à leur place et d'incarner le droit, la justice, pour dégager les usurpateurs en protégeant sa famille. Son frère, lui, préférerait en découdre, les prendre au saut du lit, à moitié endormis et leur faire passer l'envie de s'approprier ce qui ne leur appartient pas. Alexia suggère d'aller demander l'aide des forces de l'ordre. Christine abonde dans le sens de sa fille, et après une courte réflexion, Michel remet ses bagages furieusement dans le coffre et fait remonter la famille dans la voiture fissa.

 

(à suivre...)

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