Michel arrive chez sa sœur avec toute sa famille. Il a pris soin de ne pas se présenter les mains vides ; Christine, les enfants et lui, ont fait quelques courses pour ne pas avoir l'air de s'incruster en jouant les pique-assiettes. Mais Marie n'imagine pas un instant que son frère puisse profiter d'elle de la sorte. Elle a de la compassion qui lui déborde du cœur, mais ne le montre pas. Elle les accueille comme si de rien n'était, comme s'ils avaient prévu de se voir depuis longtemps et de partager quelques jours de vacances. D'abord un peu mal à l'aise, Michel se détend un peu quand son beau-frère lui sert un apéro. Personne ne dormira dehors ce soir, ni même dans une chambre d'hôtel insipide et froide, près de voisins inconnus.

  Les enfants sont fatigués mais plutôt heureux d'être chez leur tante. On fait l'organisation des chambres assez rapidement et peu après le dîner l'époux de Marie file se coucher, car il travaille le lendemain. La famille de MIchel ne tarde pas non plus, épuisée et assez inquiète, tiraillée entre l'envie de profiter d'un tout petit peu de détente et l'angoisse des démarches et difficultés qui ont l'air de s'accumuler alors qu'ils vont bientôt devoir reprendre le travail pour les uns, ou l'école pour les autres. La maisonnée s'endort doucement dans une atmosphère de calme en tension.

 

(à suivre...)

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