Michel sent la nervosité l'envahir jour après jour. Il va devoir reprendre son travail et a besoin de certaines affaires qui sont dans sa maison. L'angoisse l'étreint, lui serre la gorge en permanence, ne laissant passer qu'un minuscule filet d'air qui s'infiltre dans la trachée et glisse jusqu'aux poumons. Tous les organes, en économie forcée, se crispent chaque instant davantage devant la difficulté grandissante d'obtenir quelques miettes d'oxygène. Christine aussi est un peu tendue, inquiète ; mais s'apercevant de l'état dans lequel se trouve son mari, elle se met à lui masser les épaules d'un geste semi-circulaire des pouces, geste doux et ferme à la fois qui procure un apaisement instantané à Michel. Ce dernier, s'il ne voit pas disparaître ses angoisses, parvient tout de même à mieux respirer.

  Marie, quand elle rentre à son tour de sa journée de travail, propose son aide pour trouver le papier le lendemain, c'est son jour de congé. Au début, Michel est un peu réticent, il dit à sa sœur qu'elle en fait déjà beaucoup pour eux en les hébergeant. Marie insiste, ce n'est pas négociable. Christine est ravie de compter un soldat de plus dans les rangs pour affronter les méandres de l'administration. Marie se met aux fourneaux pour offrir à la troupe un moment agréable de partage et de réconfort.

 

(à suivre...)

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