Ils poussent la porte de l'appartement, bien décidés à ne pas se laisser assaillir par les interrogatoires éreintants de tous les membres, proches ou lointains, de la famille. Ils se libèrent de leurs manteaux sur les patères de l'entrée, posent les sac à main de Christine et le ticket de Loto sur la console, puis ils improvisent un apéro en faisant clairement comprendre aux autres qu'ils refusent toute prise de tête pour ce soir-là.

  Les enfants se laissent gagner par l'allégresse ambiante imposée par leurs parents. Et tout naturellement, ils en viennent à considérer que le rendez-vous a été à la hauteur des attentes de la famille et qu'ils seront bientôt sortis du cauchemar. Marie et son mari sont un peu curieux, mais ils respectent les souhaits de Michel et Christine et ils apprécient beaucoup de relâcher la pression terrible des derniers temps.

  Le repas qui succède à ce moment reste dans la même veine, même si les pensées les plus contradictoires s'agitent encore au creux des neurones de Michel et Christine. En effet, ils ont fermement résolu de ne plus permettre à ces sombres pensées de leur gâcher autant du temps précieux qu'il leur reste. Pour l'instant, ils ont besoin de respirer à pleins poumons le bonheur que l'on peut ressentir sur cette Terre, absolument. Ce n'est pas pour déplaire à leurs enfants ni à leurs hôtes.

 

(à suivre...)

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