13 juin 2014

Un Vendredi de juin

Un Vendredi de juin

(section des poèmes nouveaux)

 

Devant l'église du village,

Un attroupement s'est formé.

Les gens, de noir vêtus,

Attendent la voiture,

Cette voiture haute

Qui amène là

Non de beaux enfants sages

Mais un cercueil de bois.

 

Pendant la courte messe,

On entend renifler

Au milieu des prières

Dites par le curé.

Chacun en son âme et conscience

Mesure s'il doit être triste,

Ou bien considérer

L'âme enfermée dans la boîte

Comme enfin libérée.

L'incertitude est grande ;

Et quand vient le moment

De contourner en file

Le cercueil posé là

Pour souhaiter bon voyage

Au défunt qui l'occupe,

Le fond de la salle observe

Un peu comme au théâtre,

Tentant de reconnaître

Tous les acteurs présents.

 

Certains, sans même un mot,

Partiront de l'église

Les yeux toujours rivés

Sur l'un de la famille du défunt,

Qu'ils auront reconnu trop tard,

Ou juste voulu voir,

Pour savoir,

A quoi il ressemblait.

 

Le cortège prend forme

Après le corbillard,

Les voitures se suivent.

Le corbillard se trompe,

Et le cortège aussi,

De route pour rejoindre

Ta dernière demeure.

Tu auras fait encore

Un dernier petit tour,

Toi qui ne tenais pas

A partir d'ici-bas.

 

Repose en paix, ma tante,

Mon oncle est avec toi

Après sa longue attente

Pour te voir dans ses bras.

 

 

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16 juin 2014

Apparition

 

Apparition

(section des poèmes nouveaux)

 

Rien n'est plus beau ni plus déconcertant

Qu'une rencontre en bord de route

A laquelle on ne s'attend pas.

On chemine dans le rêve en chantant,

On fait abstraction de ses doutes

Et l'on avance pas à pas.

Quand soudain, du bord droit,

Surgit des hautes herbes

Un élégant pelage

Flamboyant alentour.

On n'en croit pas ses yeux.

Noblesse oblige,

Mais méfiance avant tout !

Le petit animal fuit le bruit du moteur.

Il traverse la route et disparaît bien vite,

Laissant une impression

De rêve en plein milieu du jour.

Seule sa silhouette

Fière et humble à la fois,

Reste en notre mémoire

Et traverse la rue.

Au revoir, petit renard !

 

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20 juin 2014

Au Hasard du chemin

Au Hasard du chemin

(section des poèmes nouveaux)

 

Au hasard du chemin

Trouveras-tu ma main ?

Sauras-tu entrevoir

Tout ce que je ne montre

Dès lors que l'on me contre

Sur le fil du rasoir ?

Proposeras-tu donc

Un soutien infaillible ?

Seras-tu toujours là

Lorsque mon corps cassé,

Mon vieux corps abîmé,

De surcroît flétrira ?

Me regarderas-tu

Avec admiration ?

Tendresse ? Amour ? Passion ?

Nous rencontrerons-nous

Au hasard du chemin ?

 

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22 juin 2014

L'Adieu

L'Adieu

(section des poèmes nouveaux)

 

Sur la scène ce soir,

Les élèves s'appliquent.

Elles montent sur pointe,

Virevoltent et tournent.

La salle est dans le noir

Et les danseuses piquent

Du pied sur la complainte,

Assemblent et détournent.

Les danseuses sourient,

Le public apprécie.

La performance est belle

Et les yeux étincellent.

Partout des jambes volent

Et la musique met

Grâce aux accents créoles,

Dans les corps la gaieté.

 

En coulisse, elle observe

Et admire ses jeunes.

Elle, vieux professeur,

Elle les aime tant!

Elle les a guidés

Durant longues années,

Mais ce soir en réserve,

Se sentira bien seule,

Car le vieux professeur

Dès le rideau tombant

Partira en retraite

Comme le veut la loi.

Elle n'y est pas prête

Et ne le voulait pas.

 

Ses danseuses ce soir

Ont évolué pour elle

Sur le grand tapis noir

En tenue de flanelle.

Les anciennes sont là

Des roses plein les bras,

Le vieux professeur pleure

Et danse son bonheur

Tout en se demandant

Comment elle fera

Pour vivre après tout ça.

 

Le vieux professeur pleure

Et danse sa douleur

Tout en remerciant

Les danseurs venus là

Pour une ultime fois,

Un adieu à la danse,

Un cadeau de la chance.

 

 

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24 juin 2014

Les Quatre murs de ma maison

Les Quatre murs de ma maison

(section des poèmes nouveaux)

 

Les quatre murs de ma maison

Sont mes remparts, sont mon cocon.

Les quatre murs de ma demeure

M'enveloppent de leur douceur.

Ils ont une noble épaisseur

Qui laisse à l'extérieur mes peurs.

Leur texture est une parure

Qui leur confère fière allure.

J'aime leur aspect solide

Qui me rend tout à fait placide.

Les quatre murs de ma demeure

M'enveloppent de leur douceur.

Les quatre murs de ma maison

Sont mes remparts contre les cons.

 

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25 juin 2014

D'un temps, l'autre

D'un temps, l'autre

(section des poèmes nouveaux)

 

Le gardien de la grotte

Est le gardien du temps.

Il referme les portes

Pour protéger du vent

Tous les trésors cachés

Au creux de l'endroit frais.

 

Le gardien de la grotte

Est le guetteur du camp.

Il protège la horde

Des ennemis voulant

Assaillir la demeure

Et vivre à l'intérieur.

 

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01 juillet 2014

La Partie de puzzle

La Partie de puzzle

(section des poèmes nouveaux)

 

C'est aujourd'hui, c'est décidé,

Le soleil a envie de jouer.

Il a disposé ses pièces

Un peu partout dans le ciel.

Le vent, tout doucement,

L'aide à les rassembler.

Le soleil voit son œuvre bientôt terminée.

Il bat des mains, laisse exploser sa joie,

Mais le vent, tout à coup vexé

De le voir gagner,

D'un souffle, envoie tout bouler.

Il redessine le paysage.

Le soleil en colère

Lui jette un regard furibard

Et croise ses rayons

En lui disant :

"Puisque c'est ça,

Débrouille-toi.

Et quand tu auras fini,

Tu les rangeras

Ou tu auras affaire à moi !"

Mais voilà que l'homme s'en mêle :

Trois avions passent au milieu

Et redistribuent encore les pièces de ce jeu.

Cette fois le vent se fâche

Contre le soleil et contre l'homme :

"Puisque c'est comme ça,

Toi, tes pièces, tu ne les retrouveras pas.

Je vais les rassembler contre celui qui s'est permis

De venir chambouler mon puzzle,

Et, ce faisant, devint mon ennemi."

Alors le vent s'enfla

Tournant autour des gros nuages

Pour mieux rassembler le troupeau.

Du joli puzzle du soleil

Il accumula toutes les pièces,

Les serra, les tassa si fort

Les unes contre les autres,

Que sur Terre on eût dit

Qu'il faisait déjà nuit.

Et avec une petite étincelle

Il alluma l'orage

Qui libéra tous les nuages

Déclenchant sur Terre, le déluge.

 

 

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11 juillet 2014

Douce nuit

 

Bonsoir, bonsoir, rien n'est réparé, mais j'ai peur de prendre trop de retard, alors je publie deux textes, celui d'aujourd'hui et celui du jour de ce satané orage...

 

Douce nuit

(section des poèmes nouveaux)

 

Dans cette chaude nuit d'été,

Deux corps se sont allongés.

L'un caresse l'autre, et jamais

Il n'a connu pareil bien-être.

La main s'attarde en hésitant

Sur une cuisse en descendant,

Puis remonte fébrilement

Sur tous les nerfs à fleur de peau.

Dans le noir, tous les corps sont beaux.

 

Ils savourent l'instant présent,

Ils découvrent un firmament

De détente en s'abandonnant

Chacun dans les bras de son maître.

Ce n'est que calme et réconfort,

Une excitation sans remord,

Une tendresse à saveur d'or,

Impression de sécurité

Que rien ne pourrait entamer.

 

Il se pourrait pourtant peut-être,

Qu'un détail fasse disparaître

Cette sensation adorée.

Mais ils ne veulent y penser

Tant que la nuit est leur alliée.

 

Laisse-moi dormir près de toi,

Pour que je me retrouve, moi.

Il pleut si fort sur ma mémoire

Que dans la chaleur de ce soir,

J'aimerais ranimer l'espoir.

 

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13 juillet 2014

Ma Forêt d'émeraude

Ma Forêt d'émeraude

(section des poèmes nouveaux)

 

Cet écrin d'émeraude

Au creux de la montagne

Qui cache des trésors

De cascades filantes,

Nous incite à penser

Que l'on peut croire aux fées.

On pourrait voir surgir,

Juste au-dessus des cimes,

Des elfes bondissant

Dans un flot de paillettes,

Jetant un sort de feu

Sur un loup-garou vieux.

De tout petits lutins

Se succèdent sans doute,

Bien à l'abri des arbres

En chantant sur la route,

Leurs bonnets de couleurs

Egayant la forêt.

Et de preux chevaliers

Pour séduire princesses,

Y affrontent des monstres

Ou de vaillants guerriers,

Y consultent des druides

Ou de puissants sorciers

Qui changent en statue

Celui qui récalcitre,

Contrecarre leurs plans,

Et voudrait bien passer.

 

Ou bien tout simplement,

Au détour d'un chemin,

D'aimables promeneurs

Viendront à notre encontre

Les yeux emplis encore

De la magie du lieu,

Les plus beaux points de vue

Gravés dans leur rétine.

 

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15 juillet 2014

Je veux me souvenir

Je veux me souvenir

(section des poèmes nouveaux)

 

Je veux me souvenir

De ces instant passés à regarder la lune

Illuminant la nuit, et espérer fortune.

Je veux me souvenir

De ces petits cafés pris dans le matin frais

Le soleil se levant sur la terrasse en grès.

Je veux me souvenir

Des courses sur la plage éclaboussant la mer

Le long de la Bretagne vers le Finistère.

Je veux me souvenir

Des marches en montagne, en été, en hiver

Qui nous font découvrir des points de vue si clairs.

Je veux me souvenir

De ces rares moments où j'avais pu gagner

Et sentir en mon cœur cette joie exploser.

Je veux me souvenir

De tes yeux en mon âme qui me transperçaient

Et de ce grand bonheur qui alors m'inondait.

Je veux me souvenir

Du goût du chocolat et du parfum des roses

Qui déposent un voile, douceur sur les choses.

Je veux me souvenir

Des moments de vitesse et de plaisir intense

A glisser sur la vie en provoquant la chance.

Je veux me souvenir

Je veux me souvenir, je veux me souvenir,

Je veux me souvenir, je veux me souvenir.

 

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