22 octobre 2014

Le Prix

Le Prix

(section des poèmes nouveaux)

 

Dis-moi quel est ton prix

Pour avancer sereinement dans la vie,

Pour oublier le passé torturé qui te suit,

Et pour avoir un avenir qui te ravit.

Que ferais-tu donc, maraud,

Pour ne pas voir tous tes défauts,

Pour que le monde te trouve beau,

Que ta vie ait la saveur d'un gâteau ?

Que serais-tu prêt à donner

Pour conserver ta liberté

Que celle d'autrui ne soit plus bafouée,

Et que la violence soit supprimée ?

Quel est ton prix, dis-moi,

Pour effacer la douleur de tes choix

Et celle de ce que tu ne choisis pas,

Pour une vie barbe à papa ?

 

© 2014, Opaline. Tous droits réservés, reproduction interdite.

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22 novembre 2014

La Bougie

La Bougie

(section des poèmes nouveaux)



Une petite flamme

Se dresse dans le soir

Alors les yeux des femmes

Se lèvent dans le noir.

Ils vont vers la fenêtre

Où brille un peu d'espoir

Et se disent peut-être,

Ils pourront bientôt voir.

Une petite flamme

Qui danse dans le vent

Commémore les drames,

Pleure la vie d'avant.

Une petite flamme

Qui réchauffe les cœurs

Pénètre dans les âmes

Pour calmer leur douleur.



© 2014, Opaline. Tous droits réservés, reproduction interdite.

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03 avril 2015

Pensée

   Quand le présent est difficile, mets ta main en visière et fixe ton objectif au loin. Ne le lâche plus du regard et avance à ton rythme pour rendre la douleur supportable et l'entreprise efficace.

© 2015, Opaline.

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09 mai 2015

Douleur du manque

Douleur du manque

(section des poèmes nouveaux)

 

Il est seul dans la foule

Il est seul et il coule

Seul malgré sa famille

Il regarde les gens

Et ne peut se résoudre

A profiter vraiment

Du moment qui est là

Le monde autour de lui

Continue de tourner

Les gens rient, les gens crient

Il voudrait bien aussi

Afficher un sourire

Sur son visage blême

Mais rongé par le manque

Il ne peut que se dire

Que jamais, c'est fini,

Il ne pourra revivre

Ces moments adorés

Avec sa bien-aimée

Elle est partie déjà

Dans un monde au-delà

Il ne pourra plus, non

Marcher à ses côtés

Lui caresser la main

La prendre dans ses bras

La tenir en amour

Consoler ses chagrins

Dans un éclat de rire

Elle est partie déjà

Dans un monde au-delà

Il sait qu'elle l'attend

Ou du moins, il l'espère

Il reste, il fait son temps

Mais la vie lui fait mal

Peut-être qu'en chantant

Qui sait ? on le sent moins

Il est seul dans la foule

Il est seul et il coule

 

© 2015, Opaline. Tous droits réservés, reproduction interdite.

 

 

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28 juin 2015

Les Epines

Les Epines

(section des poèmes nouveaux)

 

J'avais deux épines dans le pied.

Une seule a été retirée

L'autre est restée bien enfoncée.

Lors je continue de marcher

Cherchant ma pince à épiler.

Je boîte, je penche et je claudique

Dans l'espoir de l'instant magique

Où elle sera ôtée de mon pied.

En attendant, cette douleur

Obture mon esprit penseur

Le privant de sa liberté.

Qui viendra donc le délivrer ?

 

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02 septembre 2015

Surmonte

 

Sois fort face aux obstacles

Utilise ton intelligence

Reconnais la valeur de ton adversaire

Même s'il est invisible

Oublie ta douleur

Ne pense qu'à ce que tu dois faire, et,

Tu verras,

Entre les nuages, le soleil.

 

© 2015, Opaline. Tous droits réservés, reproduction interdite.

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08 décembre 2015

Pensée

   Je préfère nettement le médecin qui annonce clairement la couleur, plutôt que celui qui, sous prétexte de vous faire avancer sans être une chochotte, vous dit que tout ira bien et que vous ne sentirez rien après qu'il vous aura charcuté. La médecine me paraît devoir être un lieu de franchise primordiale, pour que l'humain garde des rêves à sa hauteur.

 

© 2015, Opaline.

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11 mai 2016

Sonnade du photographe

Sonnade du photographe

 

Quand il parcourt la terre avec son œil constant

Qui observe bien tout mais qui ne touche à rien,

Le photographe avance avec un flair de chien,

Un appareil en main, prêt à figer l'instant.

 

Il perçoit dans les airs sans besoin d'assistant

Les jolis tons des grands clichés épicuriens,

Protecteur de passé, il en est un gardien,

Un appareil en main, prêt à figer l'instant.

 

Quelle douleur de vivre un regard encadré

Par la bordure en cuivre, être forcé d'aller

Un appareil en main, prêt à figer l'instant !

 

Découper le réel en petites portions,

Quelle beauté pourtant, et quelles sensations,

Un appareil en main, prêt à figer l'instant !

 

(Envoi)

Amis, continuez d'incruster dans nos cœurs

Les images saisies pour des admirateurs

Un appareil en main, prêts à figer l'instant !

 

© 2016, Opaline. Tous droits réservés, reproduction interdite.

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08 août 2016

Réparer les vivants

 

 

   "Marianne ? Sans doute dut-il croire que l'écho de la mer à l'étroit dans la darse brouillait son écoute, sans doute dut-il confondre la friture sur les ondes, et la bave, la morve, les larmes tandis qu'elle se mordait le dos de la main, tétanisée par l'horreur que lui inspirait brusquement cette voix tant aimée, familière comme seule une voix sait l'être mais devenue soudain étrangère, abominablement étrangère, puisque surgie d'un espace-temps où l'accident de Simon n'avait jamais eu lieu, un monde intact situé à des années-lumière de ce café vide ; et elle dissonait maintenant, cette voix, elle désorchestrait le monde, elle lui déchirait le cerveau : c'était la voix de la vie d'avant. Marianne entend cet homme qui l'appelle et elle pleure, traversée par l'émotion que l'on ressent parfois devant ce qui, dans le temps, a survécu d'indemne, et déclenche la douleur des impossibles retours en arrière - il faudrait un jour qu'elle sache dans quel sens s'écoule le temps, s'il est linéaire ou trace les cerceaux rapides d'un hula-hoop, s'il forme des boucles, s'enroule comme la nervure d'une coquille, s'il peut prendre la forme de ce tube qui replie la vague, aspire la mer et l'univers entier dans son revers sombre, oui il faudrait qu'elle comprenne de quoi est fait le temps qui passe."

© Maylis de Kerangal, Réparer les vivants, Gallimard, 2014.

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