24 août 2015

Exil

Exil

(section des poèmes nouveaux)

 

Quand il faudra partir au matin sur la grève,

J'observerai de loin la journée qui s'achève.

Avant de préparer la maison que j'emmène,

Pour mieux abandonner la misère qui traîne,

Je prierai les esprits de tous mes vieux ancêtres

De me donner bonheur, de m'ouvrir la fenêtre.

Je passerai sans heurt et j'aurai liberté

De vivre sans le bruit des munitions tirées,

Des maisons qui s'écroulent à coups de missiles,

De gens tous suppliant : je trouverai asile.

Un jour, mon bel enfant, la paix vaincra partout,

Voilà, en attendant, il nous faut fuir les coups.

Je voudrais que tu voies un monde calme et doux

Pour t'entourer toujours, au lieu de tous ces loups.

Pour cela, nous marchons et marcherons encore

Laissant derrière nous tous ces fous de la mort.

 

© 2015, Opaline. Tous droits réservés, reproduction interdite.

 

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04 septembre 2015

Un Enfant à la main

Un Enfant à la main

(section des poèmes nouveaux)

 

 

Elle part dans la nuit

Continue le matin

Recommence sa vie

Un enfant à la main.

 

Elle fuit la journée

Qui se lève au pays

Elle rêve en doré

Un avenir qui luit

De tous ses lendemains

Un enfant à la main.

 

Elle marche sans cesse

Ne mange presque rien

Dort au sol sans paresse

Un enfant à la main.

 

Elle a le cœur tout triste

Mais une once d'espoir

Et l'œil déterminé

Fixé sur l'horizon

Elle avance et se bat

Grimpe sur les montagnes

En traversant les ronces

Passe dans des forêts

Chemine au bord des routes

Découvre des villages

Où personne n'écoute

Sauf quelques profiteurs

Mus par l'appât du gain.

Elle voit son chemin

Aller toujours tout droit

Vers une vie meilleure.

Parfois c'est à la nage

Qu'elle doit progresser

Droit vers l'autre rivage.

L'enfant ne sait nager.

C'est elle qui le guide.

C'est elle qui le porte.

Elle nage et s'épuise

Un enfant à la main.

 

On les retrouvera

Allongés sur la plage

Accrochés à la rive

Ou tombés dans l'oubli

Au détour d'une page,

On dira qu'elle était

Regard vers l'horizon

Ongles plantés au sol

Et l'enfant à la main.

 

© 2015, Opaline. Tous droits réservés, reproduction interdite.

 

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03 avril 2016

En transit

En transit

(section des poèmes nouveaux)

 

Une fenêtre de fortune

S'accroche avec de la ficelle

Et claque au vent venu des dunes

Tout en rythmant sa ritournelle

Qui siffle si fort son message

A tous ces êtres de passage.

Les oiseaux viennent picorer

Les chiens déambulent par là

Les chats se faufilent, discrets,

Tout près des disputes des rats.

On aperçoit quelques humains

Entassés là, et désœuvrés ;

Ils en ont fait un long chemin

Pour repartir, pour arriver !

Ils ne se trouvent qu'en transit

Coincés dans un marais de boue

Ils rêvent de s'en aller vite

Pour avant tout rester debout.

Revenir sur leurs pas ne se peut,

Ils n'y trouveraient que le feu.

Pas d'avancée prévue non plus,

Le jardin est de barbelés.

Parqués comme des porcelets,

Mauvais regards, ils sont exclus.

 

 

© 2016, Opaline. Tous droits réservés, reproduction interdite.

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07 août 2016

Pensée

   Quand la beauté part en apnée sur une terre hostile, mon cœur fragilisé se trouve expulsé en exil.

 

© 2016, Opaline.

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22 février 2017

Une Grille, un chemin

 

Une Grille, un chemin

(section des poèmes nouveaux)

 

Je franchirai la grille

Quelque haute qu'ell' soit

Chaque jour mon cœur vrille

De regarder derrièr' moi

Derrièr', ce sont les bombes

Qui régulent nos vies

Derrièr', toujours on tombe

Et ploie sous les débris

 

Je franchirai la grille

Je n'ai plus d'autre choix

Sans pays, sans famille,

Comme un cerf aux abois

Pourchassé, fou, traqué,

Par le destin moqueur,

Molesté, matraqué,

Mais je serai vainqueur

 

Je franchirai la grille

Encor' quelques efforts

Ça pique et ça fourmille

Dans mes doigts, le froid mord

Je dois y arriver

Tant pis, braver mon sort,

Pour pouvoir me lever

Demain sur un' nouvell' aurore

 

Je l'ai franchie, la grille,

Je bâtirai ma prochaine vie

A l'ombre des charmilles

Dans le soleil qui luit

Mais là, ils m'attendaient

Les bras armés, sans bruit,

Et m'ont fait repasser

Doucement à la faveur de la nuit

 

© 2017, Opaline. Tous droits réservés, reproduction interdite.

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